Luxury Talk : Trésorier chez Kering

Dans le cadre de ce Luxury Talk, nous avons pu échanger avec Rémi à propos de son expérience en tant qu'alternant trésorier chez Kering à Paris.



Pourriez-vous s'il vous plait vous présenter et nous parler de votre parcours ?


Je m’appelle Rémi, j’ai 24 ans et je travaille actuellement pour le groupe Rocher en tant qu’Analyste Trésorier. J’ai fait une Licence Économie Gestion puis en L3 je me suis spécialisé en Licence Gestion Parcours Finance – Risque – Contrôle. En Master je me suis spécialisé en Finance Parcours Trésorerie et ce Master était en alternance. En épluchant un peu toutes les différentes offres, je suis tombé sur une offre de Trésorier chez Kering. Cette offre me plaisait puisque j’ai toujours eu un petit faible pour tout ce qui était mode et luxe. J’ai postulé et j’ai été pris. C’était une alternance de deux ans (2019-2021) au sein des QG de Kering à Paris.




Pourriez-vous nous parler du groupe Kering ?

Kering est un groupe de luxe mondial qui regroupe plusieurs Maisons de Luxe dans différents domaines tels que la mode ou la joaillerie. Kering compte 15 Maisons allant de Gucci à Balenciaga. Le groupe Kering comprend environ 35 000 personnes en comptant les effectifs des Maisons de Luxe. Personnellement j’étais au sein de la holding Kering qui est à Paris. Il existe différentes antennes Kering en Asie ou en Amérique du Nord également. Il y a différents services financiers également. Toutes les Maisons de luxe remontent directement les informations à la holding.


Quelles étaient vos missions en tant que trésorier et qu’est-ce qui vous plaisait le plus dans ce métier ?

Dans le métier de Trésorier il y a différentes missions. Il est possible de se spécialiser au fur et à mesure de son expérience. Tu peux être trésorier cash management, cela signifie que tu gères le cash. Tu peux être trésorier sur des aspects de trade finance, c’est-à-dire tout ce qui concerne le financement du commerce et supply chain. Il est possible d’être trésorier système soit tous les outils et les systèmes d’information. Pour ma part, comme j’étais alternant, j’étais sur tous les domaines. En tant que trésorier, les missions les plus importantes consistent à s’assurer des ressources de liquidité et gérer tous les risques liés aux devises ou aux financements. J’avais des missions de cash management classiques à la fois France et international ; des missions de hedging (couverture de besoins en devises étrangères). Par exemple tu es en France, tu dois payer des devises, tu dois faire en sorte de les récupérer au bon moment et au bon taux, à ce moment-là tu transmets cela à la Trésorerie. J’avais aussi des missions monétique, liées aux business retails c’est à dire la gestion de toute la relation avec les banques et les boutiques. Sinon j’avais aussi des missions administratives liées à la trésorerie. Ce qui me plaisait plus c’était les missions de hedging car il y a un aspect marché que j’apprécie, tu échanges avec les filiales internationales.




Quelles sont à votre avis les qualités requises pour ce poste ?

En finance, il est important d’être rigoureux, intéressé et comprendre ce qu’il se passe. C’est important d’être dynamique et comprendre l’urgence et prioriser les missions. Certaines missions peuvent être réalisées « machinalement » et d’autres demandent plus d’attention.

De plus, si tu travailles à la holding sur un poste de trésorier international, il faut savoir parler anglais au minimum car tu es en relation avec l’Asie, l’Amérique Latine etc.




Quels sont selon vous les enjeux de demain pour l’industrie du luxe ?

Soit le luxe va suivre les tendances de la société, soit au contraire il va créer des choses totalement nouvelles et disruptives que le client peut aimer. Toutefois, le luxe reste un service et un produit, c’est donc important qu’il puisse attirer les consommateurs. La finalité doit plaire au client, d’autant plus dans le luxe car c’est irrationnel, les prix sont élevés pour des produits et il faut donc que le client adhère au produit pour être prêt à l’acheter. Même s’il y a l’image de la marque, il y a aussi l’image des produits.




Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui souhaitent s’orienter vers le secteur du luxe ?

Encore une fois la rigueur est très importante, peu importe le secteur. On ne peut pas travailler et ne pas être rigoureux car cela signifie que tu n’es pas une personne fiable. Cela s’applique dans tous les métiers mais tout particulièrement au luxe, car quand tu travailles dans ce domaine, le produit final doit être de qualité donc toute la chaîne de support doit l’être aussi. De même, être passionné par ce que tu fais payes toujours. Avoir sa vision à soi aussi, sa propre personnalité. En revanche, je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’être à l’affût de l’actualité luxe pour y travailler.




Réalisé par Marine Prevot